Chou Kale

LE CHOU KALE

Permettez-moi de sourire un peu devant le phénomène socio-culinaire du chou « kale »…

Wikipédia nous informe:
« Le chou frisé ne pousse pas en pomme, il appartient au Groupe Acephala (signifiant « sans tête»). Il pousse sur des tiges blanchâtres fibreuses (jusqu’à 30 à 40 cm), et présente des feuilles,
également fibreuses, très frisées d’un vert pâle au vert prononcé.
Il résiste à des températures de −15 °C et n’apprécie pas les fortes chaleurs. Connu aujourd’hui de par le monde, il était auparavant considéré comme un légume d’hiver et était surtout consommé en
Allemagne, Écosse, Hollande et Scandinavie. »

Pour moi, c’est LE plat d’hiver de mon Allemagne natale, celui qui tient chaud au ventre, que la grand-mère préparait la veille, car c’était encore meilleur, réchauffé. Il y a une dizaine d’années, ce légume était totalement inconnu en France.
Si bien que j’avais acheté un sachet de graines en Allemagne, que j’ai donné à un ami maraîcher bio, normand, qui le cultiva avec succès. Seulement, devant les cageots débordants de verdure,
les clients du marché des Fossés St Julien à Caen s’arrêtaient, intrigués, en rigolant à propos de ce qu’ils appelaient du « chou à lapin »… sans pour autant en acheter.
C’était donc à moi de racheter sa récolte quasi-entière, et je n’en ai jamais mangé autant que pendant cet hiver-là !

En allemand, on l’appelle « Grünkohl », chou vert, voir « Braunkohl », chou marron, selon les régions.
En France, c’était « chou frisé », avant de devenir un superaliment sois-disant américain !
Ça me fait sourire, c’est comme si demain, on vous disait que le céleri-rave s’appelle « Paradise Break » et que ça devenait « the » tendance macrobiotique parisienne !
Mais revenons à notre chou :

Wikipedia poursuit :
« Le chou frisé est le plat traditionnel par excellence aux Pays-Bas. Connu sous le nom de boerenkool (prononcer : bou-reun-ko-ol), il est largement consommé de septembre à mars dans tout le pays. En principe, il faut attendre que le gel ait pris le chou pour le récolter, mais à défaut de givre il est récolté et mis au congélateur. Il est haché grossièrement puis ajouté en fin de cuisson
des pommes de terre, après quoi le tout est égoutté et écrasé. Le boerenkool se mange avec de la saucisse et recouvert de beurre fondu, assaisonné avec sel et poivre. Le chou frisé est aussi
consommé dans la région allemande de Basse-Saxe et plus principalement dans la ville d’Oldenbourg. En Moselle germanophone, le chou frisé est appelé Kéhl (« Ha ! Voilà l’étymologie de ce KALE ! « ); il est un légume emblématique de cette partie de la Lorraine et entre dans la composition de la potée locale qui est préparée avec du lard, des pommes de terre, de la saucisse fumée et de l’ail. »

Voilà, j’en ai dans mon potager, j’attends qu’il gèle, pour préparer ce plat qui plaît énormément à Yoann, sans pourtant avoir pour lui un quelconque statut de Madeleine de Proust.
En attendant, j’en achète à la coop, pour tester les recettes crudivores de Stéphanie et Catherine, certainement plus diététiques car contenant nettement moins de saucisses fumées !
Mais: le froid arrivant, vous avez peut être envie de tester ? Je vous donne la recette, ce n’est pas dur à faire (pour ne pas dire « bête comme chou ») :

GRÜNKOHL

Les ingrédients :

– 1,5 kg de chou kale
– 2 gros oignons
– 3 cuillères à soupe d’huile végétale
– 375 ml de bouillon de légumes
– Poivre noir du moulin
– 2-3 cuillères à café de moutarde
– (facultatif : 500 g de « Kasseler » (rôti de porc en saumure, au rayon charcuterie d’un hypermarché géographiquement proche de la coop)
– 4 saucisses fumées de 150g environ
– 1 pincée de sucre
– 20 g de flocons d’avoine

La recette :

1. Faire bouillir de l’eau salée dans une grande marmite. Préparer le chou, en ôtant d’éventuelles feuilles fanées, ainsi que les tiges dures. Laver, égoutter et hacher grossièrement le chou, puis le
plonger dans l’eau bouillante. Blanchir pendant 1-2 minutes, passer à l’eau froide et égoutter. (C’est à ce stade qu’on peut le congeler également, afin de constituer des réserves pour un plat
« minute » ultérieur.)
2. Éplucher et hacher les oignons, les faire blondir à l’huile. Ajouter le chou et le bouillon de légumes et le poivre, saler éventuellement. Ajouter la moutarde.
Porter à ébullition, mettre un couvercle et laisser mijoter pendant environ 30 minutes, en remuant de temps à autre.
3. Ajouter, en fin de cuisson, pendant 15 minutes, le rôti ou/et les saucisses.
4. Goûter pour ajuster l’assaisonnement, en ajoutant au besoin sel, poivre et moutarde. Incorporer les flocons d’avoine pour lier le jus.
5. Servir avec des pommes de terre. Traditionnellement, faire caraméliser des petites pommes de terres à l’eau, entières, à la poêle avec du beurre et un peu de sucre.

Catherine, on attend TA recette maintenant !
Bon appétit (pour ma part, je me recouche, en attendant d’accoucher…il est 5 h du matin, pas l’heure de cuisiner du chou).
A bientôt !

Ina