Cosmétiques : du solide !

Je l’avoue tout de suite : j’adore avoir plusieurs gels douche à la fois, pour pouvoir les varier selon l’humeur du jour. Il y a un plaisir gourmand à choisir le parfum du moment, la texture, tantôt savonneuse, tantôt crémeuse, tantôt mousseuse… Pour les shampooings, il en est presque de même. Parfois, j’ai envie d’un nettoyage de fond, parfois plus d’un soin nourrissant, enveloppant, réconfortant.
Le « no poo », tendance qui consiste à espacer les shampooings jusqu’à ne plus en avoir besoin, c’est très bien, mais… je commencerai la semaine prochaine. Ou celle d’après. Peut-être.

Je comprends bien : on se lave de trop, en décape de trop, en enlève notre enveloppe protectrice naturelle jusqu’à rendre notre peau et nos cheveux dépendants de toujours plus de produits.
Et quand je regarde la poubelle de la salle de bain, je constate qu’il y a beaucoup d’emballages : tube vide de dentifrice, emballage de déodorant, crème pour le visage, après-shampooing, suremballages. J’ai alors essayé de laver mes cheveux à la farine de seigle, puis au savon de Marseille : zéro plaisir pour l’un, effet paille garanti pour l’autre. Je passe mon tour, cette fois-ci. Puis, j’ai eu envie de tester le shampooing solide made in Douvres. Vous vous souvenez ? La savonnerie artisanale et biologique à 500m de la CoopBioNacre, « Les savons de Joya ».

 

 

Le shampooing se décline de façon classique, par type de cheveux (normaux, abîmés, gras, pelliculaires) et se présente sous forme de galet : on dirait un savon ordinaire.
Mais, à l’utilisation, il se comporte bien comme un shampooing. Même qu’il mousse* ! Le tout en se rinçant facilement et en laissant les cheveux tout doux. Un vrai plaisir !

 

 

* Ce n’est pas par ce qu’un produit mousse qu’il lave ! C’est un mythe tenace, une idée reçue. Maria, créatrice et productrice des savons de Joya, nous explique en soupirant : « Les tensio-actifs posent problèmes, au niveau environnemental. On s’en passerait bien. En plus, les produits seraient toujours aussi nettoyants. Mais : on ne les vend pas, car, pour la plupart des gens, un savon ou shampooing qui ne mousse pas ne lave pas. »

 

 

Dans la foulée, l’après-shampooing : il donne l’impression d’un effet masque réparateur, un peu comme chez le coiffeur (le prix en moins) ! Le parfum est agréable, plutôt subtile. Je n’aime pas les produits de toilette qu’on sent à trois mètres. Adopté !
Maria nous dit qu’on peut les laisser agir plus ou moins longtemps, selon les besoins et le temps disponible. Quitte à se faire un véritable soin une fois par mois, et se contenter du simple shampooing pour les autres lavages de cheveux. A moins d’avoir les cheveux très longs : là, l’après-shampooing aide à les démêler.
D’ailleurs, les galets sont emballés à la main, dans du papier transparent complètement biodégradable. J’ai testé aussitôt : les lombrics de mon composteur l’ont avalé tout rond, sans la moindre indigestion.
 
Sinon, pour la suite : le déodorant solide me tentait depuis longtemps, à l’huile essentielle de Palmarosa. En sachant que le Palmarosa fonctionne déjà tout seul comme déo, mais a tendance à irriter les peaux sensibles. Celui de Douvres, nous sommes 3 à l’avoir testé, dans mon entourage : efficace, rien à redire. Il faut juste se familiariser avec la consistance, car il est d’abord solide mais se transforme en état crémeux au contact avec la peau tiède. On peut se servir du couvercle de la boite en plastique pour le tenir dans la main et l’utiliser comme un stick. Puis, on rachète le déodorant seul sans sa boite. (Presque) zéro déchet.

 

 

Yoann, lui, aime bien le dentifrice solide dans sa minuscule boîte métallique. Facile à emporter.
« Mais les gels douche alors ? » entends-je vous demander.
Ben, nous sommes passés aux savons ! Litsee citronnée et sel de mer, bois de rose, champagne-menthe, pavot… il y a pleins de parfums tentants, des propriétés variées, avec ou sans huiles essentielles.
Car zéro déchet ne doit pas rimer avec zéro plaisir !
On peut donc se faire du bien sans nuire à la planète, sans produire des déchets plus ou moins recyclables, sans polluer les nappes phréatiques. Et sans agresser sa peau ni l’intoxiquer avec des additifs allergisants, cancérigènes et autres substances pétrochimiques.

 

 

C’est une bonne nouvelle, n’est-ce pas?
En voulez vous une autre?
D’accord : les produits cosmétiques « zéro déchets » sont arrivés à la CoopBioNacre depuis cette semaine ! J’ai quand même fait un essai de saponification à froid, toute seule, dans mon super laboratoire de cuisine ! Les premiers savons sont en « cure » pour l’instant, pendant encore 15 jours. Je vous raconterai quand je les aurai essayés.
Et je vous parlerai ensuite du savon de Marseille, un produit qui n’existe pas…
…suspens!