Millepertuis : Fleur aux mille vertus

 

Le millepertuis pousse dans les décombres et les friches, au bord des chemins et des cours d’eau, et dans les prairies de presque toute l’Europe. C’est une plante assez commune.
Les fleurs, très facilement reconnaissables, sont à leur apogée fin juin ce qui lui a valu son surnom d’ « herbe de la Saint Jean ». Millepertuis (Hypericum perforatum) signifie « mille trous », car on prenait pour des ouvertures les multiples glandes d’huiles essentielles visibles à la surface des pétales et des feuilles.


 

 

Au moyen âge, on lui attribua une vertu de protection contre les démons, d’où vient son autre nom populaire, « fuga demonium », chasse-diable !

Les extraits des sommités fleuries sont largement utilisés en phytothérapie, comme antidépresseurs naturels, efficaces chez l’humain et l’animal.

Mais les effets du Millepertuis ne s’arrêtent pas là : une macération de fleurs dans de l’huile végétale produit une spécialité pharmacologique appelée « Huile Rouge », ingrédient indispensable dans la trousse familiale de premier secours !

L’huile rouge possède des propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes, antalgiques, bactériostatiques et antivirales. Elle fait des merveilles en application sur des brûlures, les coups de soleil, plaies et cicatrices, ainsi que pour soigner divers problèmes cutanés (démangeaisons, gerçures, crevasses, érythème fessier du nourrisson).
Attention pourtant : ne pas appliquer l’huile rouge AVANT l’exposition au soleil, car elle est photosensibilisante. APRÈS exposition, elle soulage les coups de soleil et accélère la régénération cutanée.

L’huile rouge est facile à fabriquer soi-même : il suffit de cueillir les sommités fleuries du Millepertuis le matin au soleil du mois de juin (le jour de la St Jean si possible) et de les mettre dans un bocal, sans les froisser.
L’une des huiles essentielles que renferme la plante, l’hypéricine, de couleur rouge, a tendance à colorer les doigts pendant la cueillette.

 

 

Laisser 1/4 du flacon libre et remplir d’huile d’olive ou de tournesol bio. On laisse macérer pendant 3 semaines au soleil du matin (ne pas laisser toute la journée au soleil), puis on filtre : l’huile rouge se conserve d’une année à l’autre.

 

 

Pour des actions plus longues, on peut fabriquer des baumes, lesquels ne laisseront pénétrer que lentement les principes actifs. Pour cela, on y associe du beurre de Karité (disponible à la Coop Bio Nacre) qu’on fait fondre au bain-marie, et dans lequel on ajoute l’huile rouge, à parts égales.

Pour renforcer les vertus de l’huile rouge ou des baumes, il est possible d’ajouter des huiles essentielles. Ainsi, pour fabriquer un baume qui soigne les brûlures et que j’ai toujours à portée de main, dans ma cuisine, j’ajoute quelques gouttes d’huile essentielle de lavande aspic.

Cela vous tente ? Si vous connaissez un endroit de cueillette loin des axes routières, je suis preneuse. Vous me communiquerez l’info ? Sinon, ce weekend, on jettera un œil, autour de l’Eco Domaine du Londel, lors du pique nique de la Coop ! Je suis sûre qu’on en trouvera, car ce sera pile le jour de la Saint Jean !

Soignez-vous bien, en douceur,
Ina